Mon cher Arnaud,
Mon cher Eric,
Parmi les messages qui me sont parvenus au lendemain de ce premier tour de l’élection législative partielle de la 1ère circonscription de la Marne, il en est un qui m’a particulièrement touché ; il disait ceci :"merci franck de m’avoir donné envie de voter".
J’ose espérer que, de votre côté à tous les deux, vous avez également reçu ce type de message car je trouve qu’il résume à lui seul, ce qui a malheureusement fait le plus défaut lors de ce premier tour : donner à nos concitoyens l’envie de voter.
Certes, nous savons qu’une élection partielle ne favorise pas la mobilisation, qui plus est à 15 jours des fêtes de fin d’année : mais quand même !!! (l’élection partielle en Aquitaine d’il y a quelques jours avait tout de même réussi à attirer plus de 40% des électeurs, ce qui, j’en conviens, ne constitue pas non plus un exploit !).
Il reste quelque jours avant le second tour de cette élection : j’espère que vous saurez les mettre à profit pour mobiliser les électeurs qui ne croient plus en grand chose. Si l’on vous écoute tous les deux, il n’y a pas d’alternative : soit je suis de gauche, et donc tout ce que fait le Président Sarkozy est mauvais (et alors, par exemple, je vote contre le plan de sauvegarde des banques qui, pourtant, peut être salutaire à tous les français) ; soit je suis de droite, et donc je vote aveuglément tout ce que fait le Président Sarkozy (et alors j’accepte que la France rejoingne la Chine, la Russie ou la Corée du Nord dans les pays où le le Président des chaînes de télévision publique est nommé par le chef de l’Etat).
Les querelles et esprits claniques (locaux comme nationaux) qui semblent caractériser le débat politique actuel me semblent bien éloignés des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens qui sont aujourd’hui confrontés aux difficultés de pouvoir d’achat dans un contexte de crise mondiale.
Mon cher Arnaud, mon cher Eric, je vous connais bien l’un et l’autre : vous avez sans doute tous les deux les capacités à exercer cette fonction de député ; mais quelle légitimité aurez-vous si 90% des électeurs n’auront pas voté pour vous ?
Aussi, je vous en conjure, d’ici dimanche, osez parler le langage de vérité, d’indépendance et d’humanisme. C’est le seul langage qui permettra à nos concitoyens de retrouver le chemin des urnes et qui est la marque de fabrique d’une véritable démocratie.
Franck NOEL